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Donner du sens

Donner du sens

« Il faut donner du sens » : voici une demande qui accompagne bien souvent la mise en œuvre d’un projet. « Donner du sens », fort bien, mais… de quoi s’agit-il au juste ?

Passons sur le verbe « donner » qui pourrait laisser croire que le projet n’aurait pas de sens en lui-même : considérons, bien sûr, qu’il en a. Alors pourquoi vouloir lui en donner et ne pas dire simplement « il faut expliquer le projet aux gens » ?

Parce que ça ferait moins chic ? En ces temps de grande dépression où l’enflure dérisoire des mots tente si souvent de cacher le vide sidéral de la pensée, l’explication pourrait convaincre !

Ce serait certainement moins chic, en effet, mais ce n’est pas tout : à ne vouloir qu’expliquer, on ne perdrait pas seulement de la hauteur mais aussi, et surtout, beaucoup de force !

Car le mot sens est un mot bien riche et nourrissant à condition de ne rien en perdre et de bien l’accommoder, un mot qu’il faut ouvrir et laisser respirer pour qu’il révèle toute sa puissance… Démonstration en trois temps.

Au tout début du management (au bon temps où, à ce qu’on dit, on se contentait de diriger les gens), il suffisait de donner la direction à suivre, le sensdans lequel il fallait aller. Le mot sens était bien concret, bien matériel : il fallait suivre la voie, s’en tenir au cadre, au bon sens. 

Puis est venu le temps où les gens sont allés (longtemps) à l’école et ont cultivé leur esprit critique. Pour prendre la direction et se mettre dans le cadre, il leur fallait désormais savoir pour quoi et pourquoi. Il leur fallait comprendre. Ils avaient besoin de signification, autrement dit, de sens. Dans un monde plus complexe, la seule direction était devenue insuffisante : la raison faisait partie de la transaction et ils voulaient y prendre part. Depuis ce temps, plus personne ne peut véritablement s’impliquer dans un projet sans en appréhender le sens, entendez le « pour quoi » et le « pourquoi ».

On le voit, les deux premiers temps du sens sont les temps de l’action (direction) et le temps de la raison (signification).

Voici venu le troisième temps du sens, celui de la sensation où le mot sens prend une autre tonalité, celle que l’on entend dans les 5 sens, dans sensation, sensibilité, sensualité… Voici venu le temps où, pour s’engager dans l’entreprise, les femmes et les hommes ont besoin d’engager aussi leurs sentiments. Voici le temps des systèmes humains complexes où l’intelligence émotionnelle joue un rôle plus décisif dans la réussite des projets que l’intelligence rationnelle. Voici le temps où le seul enjeu qui vaille est l’enjeu humain dans ce qu’il a de plus riche. Voici le temps où plus aucun projet ne tient s’il ne s’accorde à l’état psychologique, individuel et collectif, des acteurs. Voici le temps des sens.

Les trois temps du sens, les trois sens, sont indissociables, intimement liés l’un à l’autre ; ils s’adressent aux trois dimensions de l’identité de l’entreprise telle que nous la décrivons dans le modèle À Sens Ouvert. 

Le sens de l’action, le sens de la rationalité, le sens de l’émotionnel. Ils ne vont pas l’un sans l’autre.

Alors, lorsque vous lancez un projet, une stratégie, une organisation, avant d’y engager vos équipes, écrivez, en quelques lignes, les 3 sens que vous lui donnez :

  1. La direction à prendre : c’est la dimension matérielle ou concrète de votre projet. Il s’agit, par exemple, de marché, de produit, de technique, d’organisation, de processus etc.
  2. Les raisons à comprendre : c’est la dimension rationnelle de votre projet, ce qui l’explique, le justifie, le motive du point de vue de la raison. Par exemple, un enjeu économique ou financier, un risque concurrentiel, social ou environnemental, l’amélioration d’un fonctionnement ou de la qualité, etc.
  3. Les ressentis à partager : c’est la dimension émotionnelle de votre projet, les leviers subjectifs de l’engagement ou de l’adhésion. Par exemple, l’enthousiasme du challenge, le plaisir de créer, la révolte et l’engagement dans un combat, l’inquiétude qui mobilise devant le danger, etc.

Donner du sens à votre projet, c’est faire vivre ces trois dimensions et les relier entre elles dans votre cadrage, dans votre pilotage, dans votre communication, dans vos décisions…

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